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Web-wave

2ème partie de Web studies, triptyque pour 4 instruments, électronique et vidéo. Oeuvre interdisciplinaire.

Durée : 11'01.
Effectif instrumental : violon, alto, harpe, piano préparé, live électronique et vidéo.
Date de composition : septembre 2016.

LAURÉATE DU PROGRAMME HORS LES MURS 2012 de l'INSTITUT FRANÇAIS (Paris).

Commande : RADIO FRANCE (ALLA BREVE).
Résidence : ART ZOYD. Réalisation du live électronique : Carl FAIA.  CÉSARÉ (ensemble 2E2M) : enregistrement d'extraits instrumentaux.
Création radiophonique : ensemble 2E2M (direction : Pierre ROULLIER). France Musique - Alla breve (Paris), 08/10/2016. Enregistrement dans les Studios de Radio France, 21/09/2016.
Réalisation de la vidéo : Jenny E. SABIN (Cornell University, US).

Autres concerts : ensemble 2E2M (direction : Pierre ROULLIER), festival ECLAT (Stuttgart, DE), 04/02/2017. Auditorium Marcel Landowski (Paris), 24/01/2017.

Fiche technique (pdf)

 

Extrait de partition
(pdf)

2016

Partition Web-wave par Clara Maïda
 

[ vin, alt, hp, pno prép et live élect ]

Notice de programme

Web-wave est le second volet du cycle Web studies dont l’idée est née lors d’un séjour à New York. En parcourant la ville, j’ai été tout particulièrement impressionnée par la structure du pont de Brooklyn et son système de câbles entrecroisés qui rappelait étrangement une toile d’araignée (« web », en anglais). Cette architecture réticulaire et le terme « web » m’ont immédiatement évoqué l’architecture plus virtuelle de tout système en réseau, dont l’un a progressivement envahi notre quotidien depuis une trentaine d’année : le réseau internet (le « World Wide Web »). Sur un plan structural, les nanosciences nous ont appris que la matière vivante et la matière non vivante sont faites des mêmes constituants. Tout système, qu’il soit biologique, psychique ou technologique résulte d’une articulation entre des unités minimales qui ne cessent d’être assemblées et déliées sous la poussée de forces microscopiques. J’ai toujours été fascinée par cet état paradoxal selon lequel la mobilité d’un système est conditionnée tout autant par des micro-liaisons que par des micro-ruptures.

Web-wave est l’une des trois déclinaisons possibles, ou actualisations, de la toile, l’une des potentialités virtuelles qu’offre un réseau, où des bifurcations, des revirements, des accumulations ou des trouées soudaines, peuvent survenir à chaque instant du parcours, dans un temps toujours mouvant et éphémère. Il est intéressant de se penser, aussi bien au niveau individuel que collectif, au croisement des interconnexions d’un diagramme. Chaque micromouvement en un point entraîne le mouvement des zones qui l’environnent. Notre monde hyper connecté est l’une des manifestations de cette caractéristique d’un système : chaque action individuelle, même si elle est apparemment infime, peut avoir un impact insoupçonné et générer un bouleversement intense qui se propage à travers la planète à une rapidité qui était impossible avant l’ère d’Internet, pour le meilleur ou pour le pire.

Dans Web-wave, la matière sonore est fébrile, convulsive. Des objets sonores kaléidoscopiques redistribuent les unités qui les composent dans des constellations chaque fois différentes. L’extrême rapidité des articulations, la succession heurtée des événements, et les torsions brutales qui traversent la texture, génèrent une multitude de micro-vagues qui déstructurent toute organisation possible et viennent soudainement déchirer le tissu musical. La densité sonore ne cesse de varier, oscillant entre des amas de matière et l’émergence de fils fragiles et ténus qui semblent se balancer dans le vide. L’agitation constante est simultanément un facteur de cohésion et de dispersion de la matière.

Bouleversement, mutation et hybridation sont les trois caractéristiques de ce cycle que Web-wave, son axe central, pousse jusqu’au paroxysme.

Le cycle, et plus particulièrement ce second volet, rappellent notre monde troublé et notre confusion devant la disparition de repères clairs. La préparation du piano et l’utilisation d’objets qui investissent toutes les zones des instruments donnent la sensation d’être en présence d’instruments « mutants », composés de cordes. Un « inter-territoire » apparaît, au sein duquel l’identité acoustique de chaque instrument devient progressivement incertaine et converge vers une sonorité inouïe, hybride, née de la fusion de leurs potentialités déployées et de l’usage de l’électronique.

Clara Maïda, décembre 2016

Web-wave - Partition - Page 4

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