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X/Y


Durée : 12'02.
Effectif instrumental : 7 chanteurs amplifiés, avec résonateurs et objets percussifs additionnels.
Date de composition : juillet 2011.

Commande : DONAUESCHINGER MUSIKTAGE, Christine FISCHER et Rainer PÖLLMANN.
Création mondiale : NEUE VOCALSOLISTEN, Donaueschinger Musiktage (DE), 16/10/2011

Autre concert : NEUE VOCALSOLISTEN, festival Transit (Louvain, BE), 22/10/2011.

Photos du concert de création

 

Extrait de partition
(pdf)

2011

X/Y

Partition X/Y par Clara Maïda
 

[ 7 chanteurs ampl + rés et obj perc add ]


Extrait

Notice de programme

Le titre de la pièce évoque les chromosomes X et Y qui marquent l’identité sexuelle dans le génotype humain.

Le matériau harmonique et rythmique de la pièce est élaboré à partir d‘une conversion sonore des données de ces deux chromosomes. Des fréquences sonores sont déterminées à partir des différentes régions de la molécule d’ADN et constituent un « spectre » spécifique pour chaque chromosome dont les deux agrégats générateurs de la pièce sont issus. Par ailleurs, l’ordre de succession et le nombre de répétitions des bases chimiques (a, c, g et t) dans la séquence génétique des chromosomes engendrent des suites rythmiques. 

La structure de ces deux chromosomes ainsi que les différentes phases de la méiose (division cellulaire sexuée) influencent la forme musicale et les phases d’instrumentation.
Pendant le déroulement très dynamique de la méiose, les chromosomes masculins et féminins ont des déplacements très précis dans la cellule. Ils migrent entre le centre, où la recombinaison de leur matériau s’effectue, et la périphérie.
D’après ce modèle biologique, la première partie de la pièce est articulée autour de deux entités - l‘une vocale et l’autre percussive - qui ne cessent d’échanger leur instrumentation. Quand le trio central est percussif, le quatuor périphérique est vocal et inversement. On entend donc ces deux timbres, tels les chromosomes pendant la méiose, parcourir des trajets entre le centre et la périphérie. Des éléments musicaux circulent également d’un interprète à l’autre, formant des diagonales entre l’avant et l’arrière de la scène, entre la gauche et la droite.

La disposition scénique des chanteurs est construite en fonction de deux critères. D’une part, elle se réfère au X et au Y. Deux espaces s’emboîtent. Quatre points périphériques correspondant au X sont marqués par l’emplacement des deux voix féminines les plus aiguës et des deux voix masculines les plus graves. Trois points centraux formant le Y sont dessinés par la mezzo-soprano, le contre-ténor et le ténor avec un registre plus concentré. D’autre part, l’espace féminin est placé sur la gauche de la scène, l’espace masculin sur sa droite. Au centre, le contre-ténor tient lieu de pôle « hermaphrodite », point de rencontre ou de fusion des deux sexes, où convergent des diagonales dans l’espace carré en X et l‘espace triangulaire en Y. Les couleurs portées par les chanteurs soulignent cette polarisation, les femmes étant en noir (Yin) et les hommes en blanc (Yang). Le contre-ténor, en noir et blanc, rassemble ces oppositions en une seule entité. Il indique que cette bipolarité de la tradition n’est pas si limpide et que les rôles ne sont pas figés, qu’une complémentarité des fonctions est en chacun de nous.

La pièce interroge l’identité de l’homme et de la femme, mais aussi l’amour et le désir humain qui, comme l’a montré la psychanalyse, dépasse largement le champ biologique. La dimension imaginaire est fondamentale. La quête amoureuse mêle la recherche du même et de l’autre. L’agitation des situations musicales rend compte du bouleversement et de la fragilité émotionnelle dans lesquels elle nous plonge. On peut se trouver ou se perdre dans ce jeu de miroir aux multiples diffractions. Car x et y sont aussi les inconnues des équations mathématiques. Que perçoit-on de cet autre à la fois semblable et différent ? Réalité et imaginaire se percutent d’autant plus que l’affect est intense. La connaissance de soi et de l’autre est-elle possible au-delà de ce voile de distorsion ? Cette voix de l’amour, émise ou entendue, émerge du plus profond de nous-mêmes, de zones psychiques inexplorées. C’est pourquoi elle est filtrée par divers résonateurs tout au long de la pièce.

Clara Maïda, août 2011

X/Y - Partition - Page 32

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