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Via rupta

3ème partie de Psyché-Cité/Transversales, triptyque pour ensemble et électronique.

Durée : 8'55.
Effectif instrumental : flûte, clarinette, trombone, violon, alto, violoncelle, contrebasse et électronique (8 canaux).
Date de composition : avril 2005.

Commande : MINISTÈRE DE LA CULTURE et GMEM.
Résidence : GMEM (Marseille). Réalisation du live électronique : Léopold FREY.
Création mondiale : ENSEMBLE ORCHESTRAL CONTEMPORAIN (direction : Fabián PANISELLO). Festival Les Musiques  (Marseille),  21/05/2005.

Autre concert : ensemble ARGONAUT (direction : Elliott GYGER), BIFEM (Bendigo-Melbourne, AS), 06/09/2014.

Fiche technique (pdf)

 

Extrait de partition
(pdf)

2005

Partition Via rupta par Clara Maïda

 

[ fl, cl, trb, vln, alt, vlc, cb et élect ]

Notice de programme

Via rupta est le troisième volet de Psyché-Cité/Transversales, cycle d'oeuvres pour ensemble et électronique.

Le titre de la pièce reprend l’expression latine dont est issu le mot français « route ». Pour les Romains, la construction d’une voie supposait la « rupture » des obstacles qui se présentaient, d’où le terme « via rupta » qui signifiait une voie rompue, frayée, ou ouverte. Toute la pièce est caractérisée par cette ambiguïté entre la rupture de la matière et l’ouverture de toutes les voies possibles.

Via rupta est une psycho-géographie, un système sonore qui fonctionne comme un organisme, au croisement des matières psychique et urbaine.
Comme dans mes pièces précédentes, j’ai tenté d’exprimer la vie impalpable des processus psychiques inconscients, affects et pulsions, dans toute sa mobilité.
Un des axes constants de mon travail concerne l’écriture d’un corps sonore qui serait le reflet de l’image inconsciente du corps, constituée au cours de notre vécu et quelquefois en conflit avec les limites du schéma corporel réel (sorte de corps virtuel, abstrait, puisqu’il n’apparaît que dans les rêves et les fantasmes dans lesquels il peut se prêter à de multiples déformations).

La topologie sonore de la pièce présente plusieurs aspects.
D’une part, elle évoque la complexité fonctionnelle et structurelle du psychisme et présente la même articulation en réseaux, le même caractère cinématique. Les multiples trajets, les séries de liens entre les objets musicaux élaborent un maillage constitué d’entrelacements, de croisements, de ramifications, de bifurcations qui dessinent des cartographies abstraites et fugitives.
La matière musicale est ainsi soumise à des déformations, des pulvérisations similaires à celles qui peuvent altérer la forme du corps dans les rêves.

D’autre part, le matériau sonore de la pièce est issu de sons enregistrés dans le métro. J’ai choisi le métro car, d’une part, il peut être perçu comme une sorte d’objet intrusif dont les parcours trouent la matière (« via rupta ») et d’autre part, sa structure arborescente rappelle aussi celle des réseaux associatifs. Le mélange des deux univers sonores (métro et sons instrumentaux) crée une sorte de son mutant, mi-technologique, mi-organique.
De plus, le rapprochement entre l’expérience psychique et corporelle et l’univers urbain est souligné par cette rapidité et cette prolifération que l’on retrouve aussi bien dans les connexions mentales que dans la structure d’une ville.

L’écriture musicale constitue un territoire hybride, aux frontières assez floues, dans lequel se confondent la complexité du fonctionnement physiologique et psychique de l’être humain et la multiplicité des configurations acoustiques de la ville souterraine, donnée à entendre comme un corps urbain, une sorte d’énorme mécanique qui aurait une existence autonome.

Corps urbain ou corps imaginaire ? Espace urbain ou espace mental ? Via rupta est une architecture de l’éphémère et de la mobilité. C’est un espace-trame dont la matière est flexible et à dimensions variables. Sa forme est un devenir, un processus incessant, une succession de courtes matérialisations des résultats de trajets sonores extrêmement rapides et transgénériques.

Clara Maïda, mai 2006

Via rupta - Partition -Page 44

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