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Le livre des trous


Durée : 11'09.
Effectif instrumental : piano solo.
Date de composition : juin 2001.

Création mondiale : Martine JOSTE. Festival ...antasten... (Internationales Pianoforum Heilbronn, DE), 25/09/2003.

Autre concert : Jean-Marie COTTET (ensemble ALTERNANCE), Instituto Cervantes (Paris), 18/12/2007.

 


Extrait

Notice de programme

Le titre de la pièce fait allusion à des carnets réalisés par le peintre Miquel Barceló à Gao, série de gouaches dans laquelle il a tiré parti des trous effectués par les termites dans le papier.

À partir d’un matériau harmonique issu du spectre d’un tam-tam chinois, j’ai élaboré une structure réticulaire (constituée de la superposition des variantes d’une échelle dérivée des fréquences aiguës du spectre) qui décrit un mouvement de chute qui se répète.

Chaque répétition introduit des micro-décalages temporels et un morcellement progressif de la texture jusqu’au silence.

J’ai ensuite déchiré des pans dans la partition pour y opérer des trous.
Les lambeaux sur lesquels étaient inscrits des fragments de cette structure ont généré des objets sonores, des « objets-déchets » réutilisés dans l’ensemble de la pièce. 

D’autres objets coexistent à ces « objets-déchets ». Ce sont des petites structures, sortes de rappels en miniature de la structure réticulaire, petits mobiles instables parcourus de tremblements internes, qui chutent ou qui s’élèvent, des « objets-éventails » (superposition des variantes descendantes et ascendantes de cette échelle), éclats compacts résultant d’une brusque torsion, des « objets-agrégats », synthèses fugitives des différentes fréquences du spectre, qui ont pu émerger à l’issue des processus imprimés aux objets.

Tous ces objets sont progressivement déchirés, fissurés et leur structure peut évoluer du réticule à la ligne, de la ligne au point, les points pouvant se grouper en agrégats.
Tous ces processus, riches en connexions mutuelles et en points de rencontre, ont pour fonction de pratiquer une brèche, une trouée dans la matière.

Que peut-on lire dans le trou ? Que nous livre-t-il ? A-t-il une signification, une existence, ou n’est-il fait que de ce qui l’entourait (d’où la nécessité de détruire ce qui le borde pour chercher ce qu’il en restera) ? Ce travail acharné de forage auquel la matière résiste est-il une tentative de mettre le trou à nu, de lui restituer sa place ou au contraire, de le camoufler ?

Clara Maïda, août 2003

Le livre des trous - Partition - Page 3

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